|
La présidence de l'UPBM (i.e. Mme Christine Schneider, Présidente ; Mme Gabriella Molina et M. Antoine Gaudin, Vices-Présidents) avons été reçus en audience 1 heure le mercredi 1er octobre 2008 par le Recteur Jean-Paul de Gaudemar, chargé par le Ministre de l'Éducation Nationale Xavier Darcos de la réforme du lycée. Après vous être connecté avec vos identifiants*, vous trouverez en pièce-jointe ci-dessous le document de synthèse que nous avons laissé en fin de réunion, et qui reprend l'essentiel des arguments que nous avons essayé de développer. En détail les éléments essentiels de cette entrevue, bien plus développés que mercredi soir.
L'impression première qui en ressort globalement est plutôt positive, et les points de convergence semblent non négligeables :
- Monsieur de Gaudemar ne méconnaît pas la spécificité de l'enseignement technologique ; bien au contraire il regrette l'actuelle confusion avec l'enseignement professionnel, et souhaite rapprocher l'enseignement technologique de l'enseignement général, en une véritable voie parallèle et complémentaire, débarrassée de l'actuelle étanchéité qui sépare définitivement les deux voies dès la fin de la classe de seconde ; il nous semble moins clair en revanche de savoir si son idée est de retenir une filière formée de "modules" technologiques dilués dans une plus vaste organisation, ou une voie technologique à part entière ;
- Monsieur de Gaudemar reconnaît la réussite de la série ST2S (qu'il appelle encore spontanément SMS) et ne remet pas en cause son existence, même dans le nouveau schéma du lycée de demain ; de même là encore nous ne savons cependant pas si les ST2S seront une filière à part entière et cohérente sur les deux années, ou de simples modules disponibles dans un ensemble plus vaste ;
- Monsieur de Gaudemar connaît les spécificités de la biologie appliquée (actuellement STL-BGB dans le secondaire), l'intérêt de cette formation pour l'économie de demain, et souhaite conserver ce secteur dans la réforme du lycée à venir ; il n'a cependant pas détaillé ce que serait l'organisation et la place de ces enseignements.
Monsieur de Gaudemar a ainsi explicitement énoncé que la biologie appliquée demeurerait un des enseignements de la dominante "technologique" du lycée d'enseignement général et technologique. Cependant nous n'avons pas d'information précise sur le contenu et les moyens de tels enseignements, qui sont probablement encore à discuter et à mettre au point.
Pour la partie "Enseignement Supérieur" de notre secteur, M. de Gaudemar, ayant personnellement travaillé avec des collègues de Strasbourg et de Toulouse (dont il se souvient bien) sur les classes de TB dans lesquelles ils enseignent, reconnaît leur succès et leur efficacité ; il regrette même qu'il n'y en ait que trois sur le territoire (quatre si on compte la classe du Ministère de l'Agriculture). Il reconnaît aussi la réussite de nos BTS/DTS, et DUT ; il se réjouit du caractère "d'ascenseur social" qu'elles représentent, et reconnaît la cohérence de l'ensemble de notre filière.
Cependant une ombre plane, car un moment dans la conversation nous a fait frémir : M. de Gaudemar a interrogé les motivations qui nous différenciaient des SV "classiques". Nous lui avons rappelé l'historique de nos sections, et avons défendu nos différences :
-
la Géologie, qui nous sépare irrémédiablement des SVT ; à cette évocation M. de Gaudemar a semblé écarter la géologie en insistant sur "les SV" ; nous ne savons pas ce que cela veut dire vraiment ?
-
la Biologie Végétale ou Animale (Biologie des Invertébrés par exemple) pour lesquelles nous n'avons pas de compétences réelles ;
-
de l'autre côté la Microbiologie notamment appliquée, pour laquelle les enseignants de SV n'ont pas de compétence du tout, et la Biochimie "dure" (technologique notamment : enzymologie, électrodes et toutes sortes de chromatographies, etc.) ;
-
nous avons insisté sur le fait qu'en dehors de la Biologie Cellulaire et de la Biochimie générale (et encore sur ces deux points !!), nous n'avions pas grand chose en commun ! Pas plus qu'un latiniste avec un helleniste !
Ces échanges semblaient être le fruit de réflexions en cours de la part de M. de Gaudemar ou du Ministère, et nous avons vaillamment défendu nos différences (réelles et sérieuses !). M. de Gaudemar semble réfléchir à un rapprochement au moins partiel des deux filières (suppositions personnelles non explicitement évoquées : la géologie serait écartée, et les "SV" ainsi formés et les BGB poussés à partager leurs enseignement, soit en totalité, soit au moins sur une base commune ("tronc commun") avec des compléments distincts ("enseignements de spécialité").
Le bureau de l'UPBM pense qu'il conviendrait d'éclairer davantage le Ministère sur nos différences profondes. A cet effet, nous allons prendre rapidement contact avec l'APBG (Association des Professeurs de Biologie et de Géologie).
Nous espérons et invitons, très respectueusement, aussi notre Inspection à intervenir rapidement auprès du Ministère et à se montrer particulièrement ferme et claire sur ce dernier point, en rappelant quelles sont les différences profondes entre ces deux enseignements, et les compétences que cela implique. Nul doute que chacun de nos Inspecteurs s'est déjà engagé dans ce chemin.
Enfin, il est probable que les collègues responsables des formations en IUFM aient été invités à écrire le contenu des futurs Masters Professionnel d'enseignement qui remplaceront les concours de recrutement d'ici deux ans : nous ne pouvons que les inviter à la plus grande prudence lorsque des directions d'universités les pousseront, pour des raisons de rentabilité ou de taille critique, à se fusionner avec les Masters de SV(T). Un rapprochement complet entraînera irrémédiablement notre disparition de facto, et il nous semble important que chacun de ces collègues se batte pour conserver au moins une deuxième année de formation différenciée. Peut-être d'ailleurs que les dits-collègues pourraient utiliser le canal de l'UPBM pour mettre en commun leurs réflexions et leurs travaux. Le bureau de l'UPBM est prêt de son côté à leur fournir tout soutien y compris technique dans cette réflexion.
Voilà donc un résumé, mi-figue / mi-raisin. Pas de disparition de nos filières, mais une probable contraction des moyens dans le secondaire, avec une perspective de rapprochement (voire plus) avec les SV. Ce pourrait être une formidable opportunité pour nos enseignements, ou au contraire l'agonie finale – le souci permanent des économies ne nous rassurant pas sur ce dernier point. Bien entendu, rien n'est totalement clair ni arrêté, et nous comptons sur nos efforts à venir à tous pour éclairer le Ministère sur l'appauvrissement des savoirs que serait une fusion totale.
* si vous ne possédez pas encore d'identifiants, c'est sans doute l'occasion pour vous de vous enregistrer maintenant sur le site en visitant cette page !
|