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Hier soir, par hasard, j’écoutais une émission hebdomadaire sur l’Afrique ; cette semaine, le thème était : « les trains en Afrique ». En Afrique, les trains ne sont pas rapides ; ils font escale dans beaucoup de gares : il faut 24 heures pour aller de Dakar au Sénégal jusqu’à Bamako au Mali. Des trains pas rapides qui tombent souvent en panne… mais repartent toujours, quitte, si c’est nécessaire à faire appel au savoir faire des villageois rencontrés dans les gares du trajet. Personne ne perd sa bonne humeur et l’entraide et la concertation sont habituelles.
En France, les trains vont beaucoup plus vite : il faudra 5 fois moins de temps pour aller de Lille à Marseille que de Dakar à Bamako (pour des distances comparables) . Mais nos trains si rapides ne s’arrêtent pas dans beaucoup de gares sur leur trajet, ce qui ne les empêche pas eux aussi de tomber en panne…et là personne dans la gare pour assurer un dépannage de fortune comme en Afrique .
J’ai l’impression que le projet de réforme du baccalauréat de 2008 était acheminé par un train grande vitesse qui, non content d’être rapide, a oublié de s’arrêter aux gares prévues. Une fois proche du terminus, ce train fantôme a encore continué sa route, sans jamais donner la possibilité à personne de monter à bord.
Si c’est un nouveau train qui conduit la réforme en 2009, je fais le vœu que ce soit un train moins rapide et que ce train laisse monter de nouveaux voyageurs dans les gares rencontrées. Un voyage qui donne la possibilité de se poser, de prendre le temps de réfléchir et d’échanger.
Jean-Paul Brunet Président de l’UPBM
(Source de la photo)
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