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Réflexions sur une réforme : la série STL-BGB PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Gabriella MOLINA   

Ci-dessous un récapitulatif au 08 février 2009 de ce qui a été dit sur la liste UPBM, entamée le 18 janvier 2009. D'autres synthèses seront régulièrement proposées, au fil des contributions des adhérents, sur la liste de discussion. Rapporteuse : Gabriella MOLINA.

Synthèse au 25 janvier 2009

INTERET DES JEUNES POUR LA FILIERE STL BGB :

  • la biologie (BGB) en tant que discipline prépondérante, les matières telles que math et physique chimie étant utilisées comme outil de compréhension, dans la limite de ce que peuvent recevoir les élèves au niveau où ils sont (ex : proposer à un élève de seconde ce qu’il est
    en mesure d’appréhender là où il est : c'est-à-dire en seconde)
  • le mode d’enseignement (STL) : « un apprentissage à la manière d’un artisan qui apprend à ses élèves les outils et les méthodes pour devenir lui même autonome »

NOS MANQUES ET ECHECS :

  • le constat : avec un volume horaire de sciences physiques-biochimie énorme (6,5 en seconde, 14 h en première, 13 h en terminale), les pré-requis de base ne sont pas acquis.
  • Les raisons : un enseignement de biochimie trop académique, dès la première et la terminale, décalé des activités technologiques encore imprégnées de physique chimie ; notre volonté de vouloir en dire et en
    faire trop et trop vite, en empiétant sur ce que les deux années de BTS et l’enseignement supérieur ont à apporter aux étudiants.

Il s’en suit un manque d’attractivité par manque de contexte, manque
de sens de ce que nous enseignons.

LES PISTES :

  • avec nos disciplines fondamentales, mettre en évidence une identité propre de nos formations qui nous différencie des autres disciplines
    expérimentales
  • redonner du sens et de la cohérence en contextualisant nos enseignements : associer étroitement biochimie - physiologie humaine, biochimie - microbiologie (ou physiologie bactérienne), anatomie-physiologie humaines, biologie moléculaire – informatique…
  • favoriser la démarche inductive plutôt que les connaissances exhaustives
  • s’aventurer vers les activités technologiques pluridisciplinaires assurées exclusivement par les professeurs de BGB
  • réfléchir au travail par thèmes.

NOS ATTENTES DE NOUVEAUX PROGRAMMES :

  • faire en sorte que la seconde offre une initiation aux outils, objets et méthodes des biotechnologies, donc que la filière BGB débute en seconde (quitte à prévoir un module de remise à niveau en première)
  • rénover les fondamentaux, en particulier la microbiologie - discipline historique, fondatrice des biotechnologies - qui doit dépasser définitivement son confinement au médical.
  • renforcer l’approche méthodologique en éviter la répétition à outrance, pour ne pas faire de nos élèves de simples exécutants
  • mettre la biochimie au service de la physiologie et de la microbiologie pour donner un sens et une cohérence à l’ensemble.
  • mettre en place une initiation à la biologie moléculaire et ses outils et faire un peu de place à l’informatique et la bioinformatique pour le biotechnologiste en devenir
  • proposer des séances d’activités technologiques pluridisciplinaires,
    par exemple 1 à 2 semaines banalisées par an, mettant en jeu les
    enseignements scientifiques

EN DISCUSSION : UN ENSEIGNEMENT PAR THEMES :

  • les mots clés :
    • Un enseignement scientifique « intégré » ;
    • Inviter l’élève à s’investir davantage ;
    • Contextualisation, rigueur, mais aussi démarche inductive, atelier technologique, travail par thème ;
  • les questions qu’il implique :
    • Qui fait quoi ?
    • Quel message faire passer ?
    • Quels thèmes choisir ?
    • Comment valider ?
  • les embûches :
    • Le risque de partir dans tous les sens
    • Progression particulière : pas d’autres solutions que le CCF
  • les expériences sur le terrain :
    • Certains ont expérimenté ces formes de travail soit dans le cadre d’options, soit avec les TPE : pas facile à mener, faible résultat pour un investissement lourd de l’enseignant
    • Nombre d’entre nous apprécient un cadre rigoureux et clair --> Les enseignants, un monde peu habitué à faire preuve d’initiative et d’innovation (?)

UN PROJET :

  • demander aux intéressés : une enquête sur le profil type  de nos
    élèves

Ajouts au 08 février 2009

SUR LES CONTENUS  :

La microbiologie, outil de transfert et de compréhension, doit

  • demeurer un enseignement en groupes d’atelier ;
  • se dégager d’une spécialisation, qu’elle soit médicale (à développer en ABM) ou alimentaire (à développer en BioAC ou QIAB)
  • se dégager de la systématique,
  • approfondir le métabolisme microbien, en liaison étroite avec la biochimie

La biologie humaine doit permettre l’accès à des outils technologiques, type numérations de cellules, préparation de suspensions cellulaires, etc…

Il semble cependant essentiel de conserver une formation à haute teneur en TP,

  • TP qui doivent être le plus contextualisés possibles (y compris en médical, en alimentaire ou en industriel – pharmacie ou cosmétique) : donner du sens à ce que l’on fait
  • TP qui doivent mettre en liaison nos différentes matières
  • TP qui doivent permettre l’acquisition des techniques de base

Donc, accepter d’être non exhaustif, renoncer au (à la) systématique, mais déterminer un contexte à explorer (2-3 situations en clinique ou en alimentaire, investigation avec documents…)

SUR LA FORME :

Revenir sur nos pratiques pour prendre en compte l’évolution sociologique à laquelle nous nous confrontons :

  • déstructurer nos programmes actuels avec 3 matières pour en exprimer l’essentiel de ce dont nos élèves ont besoin.
  • laisser aux enseignants – aux équipes – élaborer des propositions de travail par thèmes pluridisciplinaires
  • en TP, enchaîner des thématiques nouvelles en donnant le temps qu’il faut pour l’acquisition du geste et du savoir-faire, de la compréhension et de la réflexion.

Bref, redonner du sens, développer la curiosité, faire retrouver le désir d’apprendre, en conservant la spécificité que nous donnent nos matières technologiques – les TP – par rapport à un enseignement classique de SVT…

SUR LES MOYENS :

En prenant appui sur la récente réforme des ST2S, on retrouve le iatus entre les énoncés (« pédagogie inductive, TP découverte ou approfondissement, activités interdisciplinaires… ») et la réalité (classe de 36 élèves,  groupes de 18, pas de matériel, pas de crédits, aucune notion de démarche expérimentale, des difficultés croissantes en français, presque de la désalphabétisation…)

Donc, conduire une réforme avec des objectifs réellement pédagogiques implique des moyens…

Autre point critique : quelle exigence envers les élèves ? Quel recours si le niveau n’est pas atteint ? Discussion ouverte sur les bienfaits ou les dégâts du redoublement

CE QUI SE PASSE, EN CE MOMENT :

Dans les académies (Aix Marseille, et quelles autres ?), des calendriers se mettent en place pour organiser une consultation élargie sur la réforme des lycées, pour mettre en œuvre des expérimentations dès la rentrée de septembre 2009.

Il est important que nous soyons attentifs à ces consultations, et qu’un échange s’établisse sur ce qui se passe dans les académies.

Pour l’instant, l’ensemble reste très confus…

Ajouts au 26 mars 2009

LA REVOLUTION : JUSQU’OU ?

Toujours autour de la microbiologie, ne pas oublier que, si une approche vieillotte est à revoir, toute évolution ne peut se faire qu’à partir de l’existant. Tout ce qui permet une meilleure compréhension (pédagogie) et/ou justifie les autres matières, (donner du sens) doit être pris en compte. Il s’agit d’ouvrir l’horizon en conservant  les ancrages qui font la force de nos enseignements. Parmi ceux-ci, le travail en groupes d’atelier et une relation étroite cours/TP sont indispensables.

Ce qui fait la force de nos TP, c’est le « vrai » : les dosages, extractions, croissances bactériennes, études immunologiques ne sont pas des ersatz, des montages. Le risque existe, pour des raisons d’économie, de dérives type manipulations truquées.

Les ouvertures et la pluridisciplinarité : attention à ce que ça implique d’investissement au quotidien et des risques de surenchère quant à ce qu’on nous demandera d’enthousiasme et de dévouement (ni l’un ni l’autre n’étant des valeurs cotées en bourse…). Retour à l’abnégation de l’enseignement pris en charge par les églises ?

UNE ENQUETE SUR LE TERRAIN :

Le travail mené par nos collègues de Rezé confirme le handicap avec lequel démarrent nos élèves de seconde. Handicap qui perdure en première et en terminale, avec essentiellement des difficultés d’ordre méthodologique : premier élément fort à prendre en considération. A noter que malgré ce handicap, les élèves sont satisfaits de leur choix, même si ce n’était pas le premier, et restent motivés ; deuxième élément fort, sur lequel rebondir…

Un travail remarquable qu’il serait intéressant de généraliser ?

 

POUR FAIRE BOUGER LES FRONTIERES :

Si nous disposons d’un outil pédagogique efficient (la technologie), les évolutions sociologiques nous touchent, comme toutes les filières, de plein fouet :

  • La rupture au niveau de la langue, entre les jeunes et nous, entre l’écrit et l’oral.
  • La relation aux technologies qui mène à l’immédiateté : perte de l’expérimentation de la durée, perte de repères dans l’espace-temps, troubles cognitifs.
  • Le rapport école/avenir instrumentalisé : à quoi ça sert de savoir ça…

Dans nos filières, les possibles : travailler sur les mots, l’étymologie, le vocabulaire ; travailler avec la durée (le temps est un paramètre fondamental, irréversible, en particulier en microbiologie). Des pistes donc, pour envisager nos préoccupations avec d’autres outils.

Une autre approche : repositionner totalement nos enseignements en fonction des pré requis indispensables en STS et IUT ?

ET EN CE MOMENT ?

Dans plusieurs académies, des expérimentations de la réforme des lycées se mettent en place, pas toujours avec un enthousiasme débridé de nos collègues.
Ces mises en place se font sans que l’on en soit bien informés (qui les impulse, qui les décide ?), sans cadre vraiment défini. Réactions vives de refus ou plus mitigés, de certains d’entre nous ; aussi intéressantes soient-elles, ces expérimentations posent problème :

  • mise en place d’un projet sans concertation,
  • utilisation (manipulation) ultérieure pour faire passer un projet (preuves à l’appui) qui risque d’être autrement plus restrictif en terme d’horaire et de dédoublements,
  • et/ou non prise en compte des retours des lycées pilotes (voir ce qui s’est passé pour les bac Pro en 3 ans).
Mise à jour le Lundi, 23 Août 2010 10:30
 

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