|
Vers quelle évolution ?
Cette année 2009 est l'occasion de célébrer un double anniversaire darwinien : le bicentenaire de sa naissance, et le 150ième anniversaire de la publication de la première édition de son fameux ouvrage, "De l'origine des espèces".
On a tout dit de l'Anglais Charles Darwin, et de "sa théorie" sur l'évolution des espèces. Il était avant tout un fin observateur. Sa théorie s'est construite d'abord grâce à ses observations fines et détaillées de naturaliste, et ses analogies (il a beaucoup lu l'économiste et sociologue Malthus). La publication de son ouvrage clé s'est ainsi appuyée sur une patiente construction pendant plus de 20 ans, puis sur une réécriture appliquée pour l'adapter aux critiques et apports (6 éditions en 13 ans). Davantage que les concepts qu'il a formulé sur l'évolution des espèces à proprement parler (déjà ébauchés par d'autres, comme Lamarck), ce sont ses réflexions sur les mécanismes de la sélection naturelle qui s'opère qui lui ont valu les plus lourdes critiques : l'idée que seul le hasard (on n'en reconnaîtra le support génétique que bien plus tard) préside aux fines évolutions interindividuelles et que la sélection naturelle est la conséquence d'un combat pour la survie, bouscule violemment la vision d'un monde créé par un dieu bienveillant. Au fond, il paraît insupportable que ce soient les conditions offertes par l'environnement qui président à la survie de tel ou tel groupe d'individus, et orchestrent ainsi la destinée du monde vivant. La transposition est sans doute un peu facile, mais nous pouvons essayer d'en tirer quelques conclusions :
- il ne peut y avoir de réforme des lycées solide sans un travail attentif d'observation de notre système, de comparaison avec d'autres, de transposition progressive, et d'ajustement étalé sur plusieurs années – ce n'est hélas pas exactement le modèle suivi en l'état ;
- nos sections STL-BGB procurent, par leurs méthodes de transmission pédagogique particulières dont l'efficacité est démontrée, un "microenvironnement" favorable à l'orientation et à la poursuite d'études scientifiques qu'aucune autre voie ne propose dans l'enseignement secondaire, comme le démontrent les résultats de l'enquête "parcours de réussite" sur le devenir d'ex-STL-BGB ; la disparition ou restriction de cette filière à part entière se traduira immanquablement pour le système éducatif dans son ensemble par une perte de jeunes accédant aux études scientifiques.
Il faut donc, plus que jamais, continuer à défendre la nécessité d'une voie alternative menant à des études scientifiques supérieures pour des jeunes de tout niveau, et permettant la formation aux biotechnologies qui constituent un enjeu majeur du XXIième siècle.
Antoine GAUDIN, Vice-Président de l'UPBM.
On lira avec intérêt le Hors-Série que Télérama consacre ces temps-ci à Darwin ; signalé aussi le dossier produit par l'INRP http://www.inrp.fr/vst/LettreVST/38_octobre2008.htm
|